Les muscles profonds · Leçon 4

Multifides : ballon ou soulevé de terre pour les travailler ?

Pour faire travailler tes multifides, mise sur la charge plutôt que sur l’instable. Chez 9 hommes entraînés, sur un gros ballon, leur multifide travaillait à moins de la moitié de ce qu’il faisait au soulevé de terre à leur maximum. Ces petits muscles collés à ta colonne sont bâtis pour la tenir fort : garde des séries lourdes de soulevé de terre.

Mis à jour le · 13 études citées · 4 min de lecture

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Où sont les multifides ?

Tes multifides sont de petits muscles collés à l’arrière de ta colonne. Au bas du dos, ils forment cinq bandes : chacune part de l’épineuse d’une vertèbre lombaire, la pointe osseuse à l’arrière de la vertèbre (Macintosh et al., 1986).

Leurs faisceaux descendent s’accrocher plus bas : les plus profonds une vertèbre plus bas, les intermédiaires trois à quatre, les plus superficiels jusqu’à cinq (Tieppo Francio et al., 2023).

À quoi servent les multifides ?

Leur mouvement, c’est l’extension : d’après les radiographies de 5 cadavres et de 21 personnes, chaque faisceau fait basculer sa vertèbre lombaire vers l’arrière, sans la faire glisser ; la rotation n’est qu’une action secondaire (Macintosh et Bogduk, 1986).

Et ils sont bâtis pour tenir. Sur les colonnes de 8 donneurs âgés, leurs fibres ne faisaient qu’un cinquième de la longueur du muscle, pour une grande section : d’après les auteurs, une architecture faite pour stabiliser la colonne en produisant de grandes forces (Ward et al., 2009). En laboratoire, sur 7 colonnes lombaires où un appareil simulait la traction de cinq groupes de muscles, celui des multifides réduisait le plus le mouvement de la vertèbre testée (Wilke et al., 1995).

Gros ballon ou soulevé de terre pour les multifides ?

Chez 9 hommes entraînés en force, des électrodes collées sur le bas du dos ont mesuré le multifide sur trois exercices tenus sur un gros ballon, puis au squat et au soulevé de terre, de 50 à 100 % de leur maximum. Sur le ballon, il travaillait à 30 % (à quatre pattes), 38 % (pont) et 46 % (extension du dos) de ce qu’il faisait au soulevé de terre à leur maximum : moins de la moitié. Pour ce muscle, seuls le squat et le soulevé à 100 % dépassaient significativement le ballon (Nuzzo et al., 2008). C’est de l’activité mesurée, pas de la croissance.

Une revue de 17 études (252 participants), dont Nuzzo est coauteur, conclut avec un niveau de preuve modéré que le multifide travaille plus aux exercices avec charges libres que sur ballon ou appareil (Martuscello et al., 2013). Chez 16 personnes, une autre équipe trouve aussi le bas du dos plus actif au squat et au soulevé de terre à 80 % de leur maximum qu’à deux exercices d’équilibre au poids du corps, le superman et le gainage latéral (Hamlyn et al., 2007).

Pourquoi le lourd compte-t-il plus que l’instable ?

Le ballon ajoute du déséquilibre, pas du poids. Un appui instable fait baisser la force, la puissance, la vitesse et l’amplitude, alors que les exercices au sol avec charges libres, comme le squat et le soulevé de terre, font travailler le tronc autant ou plus que l’instable (Behm et al., 2010).

Le ballon n’est pas inutile pour autant : à exercice égal, une méta-analyse de 28 études trouve que l’instable fait davantage travailler le tronc, érecteurs compris, mais sur gros ballon ou avec des charges de 60 % du maximum, l’effet s’inversait pour les érecteurs ; les auteurs le jugent utile en rééducation (Bao et al., 2025).

Aucune étude n’a encore mesuré si le soulevé de terre fait grossir les multifides.

Les multifides rétrécissent-ils quand le dos se bloque ?

Chez 26 patients qui avaient mal au bas du dos d’un seul côté depuis peu, l’échographie montrait un multifide 31 % plus petit du côté douloureux, à une seule vertèbre, celle de la douleur chez 24 d’entre eux (Hides et al., 1994). Chez 50 patients qui avaient mal d’un côté depuis plus de 12 semaines, une autre équipe a trouvé à l’IRM des muscles plus petits du côté douloureux, multifide et psoas (Barker et al., 2004) ; chez 14 actifs qui avaient mal d’un côté depuis plus d’un an, il était plus petit des deux côtés (Beneck et Kulig, 2012).

C’est un lien, pas une cause, et ce n’est pas un soin : avec un mal de dos, demande l’avis d’un kiné.

Ton programme de muscu, construit pour ton corps.

Dans ta séance Tekio, au soulevé de terre, garde tes séries lourdes : c’est là qu’ils travaillent.

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Sources

Études relues dans PubMed. Activité musculaire mesurée ne veut pas dire croissance : chaque fait garde la population et les limites de son étude.

  1. Nuzzo JL, McCaulley GO, Cormie P, et al. (2008). Trunk muscle activity during stability ball and free weight exercises. J Strength Cond Res 22(1):95-102. PubMed · DOI
  2. Martuscello JM, Nuzzo JL, Ashley CD, et al. (2013). Systematic review of core muscle activity during physical fitness exercises. J Strength Cond Res 27(6):1684-98. PubMed · DOI
  3. Hamlyn N, Behm DG, Young WB (2007). Trunk muscle activation during dynamic weight-training exercises and isometric instability activities. J Strength Cond Res 21(4):1108-12. PubMed · DOI
  4. Behm DG, Drinkwater EJ, Willardson JM, et al. (2010). Canadian Society for Exercise Physiology position stand: The use of instability to train the core in athletic and nonathletic conditioning. Appl Physiol Nutr Metab 35(1):109-12. PubMed · DOI
  5. Bao Z, Wang S, Li Z (2025). Effects of unstable training on muscle activation: a systematic review and meta-analysis of electromyographic studies. PeerJ 13:e19751. PubMed · DOI
  6. Ward SR, Kim CW, Eng CM, et al. (2009). Architectural analysis and intraoperative measurements demonstrate the unique design of the multifidus muscle for lumbar spine stability. J Bone Joint Surg Am 91(1):176-85. PubMed · DOI
  7. Wilke HJ, Wolf S, Claes LE, et al. (1995). Stability increase of the lumbar spine with different muscle groups. A biomechanical in vitro study. Spine (Phila Pa 1976) 20(2):192-8. PubMed · DOI
  8. Macintosh JE, Valencia F, Bogduk N, et al. (1986). The morphology of the human lumbar multifidus. Clin Biomech (Bristol) 1(4):196-204. PubMed · DOI
  9. Macintosh JE, Bogduk N (1986). The biomechanics of the lumbar multifidus. Clin Biomech (Bristol) 1(4):205-13. PubMed · DOI
  10. Tieppo Francio V, Westerhaus BD, Carayannopoulos AG, et al. (2023). Multifidus dysfunction and restorative neurostimulation: a scoping review. Pain Med 24(12):1341-1354. PubMed · DOI
  11. Hides JA, Stokes MJ, Saide M, et al. (1994). Evidence of lumbar multifidus muscle wasting ipsilateral to symptoms in patients with acute/subacute low back pain. Spine (Phila Pa 1976) 19(2):165-72. PubMed · DOI
  12. Barker KL, Shamley DR, Jackson D (2004). Changes in the cross-sectional area of multifidus and psoas in patients with unilateral back pain: the relationship to pain and disability. Spine (Phila Pa 1976) 29(22):E515-9. PubMed · DOI
  13. Beneck GJ, Kulig K (2012). Multifidus atrophy is localized and bilateral in active persons with chronic unilateral low back pain. Arch Phys Med Rehabil 93(2):300-6. PubMed · DOI

Ces leçons informent ; elles ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.